Le projet « Ègúngún » propose d'appréhender la question des restitutions et retours des biens culturels africains depuis les arts performatifs, leurs capacités à raconter les réagencements postcoloniaux et revitaliser les biens spoliés. Fort d'une équipe internationale d'artistes et d'universitaires, soutenue par deux musées, il croise recherche théorique, enquêtes de terrain et de provenance, créations artistiques articulés autour d'ateliers de recherche-création au Bénin et au Nigéria. Outre leur frontière commune et leur position centrale sur la scène géopolitique des restitutions, l'intérêt d'un projet articulant la question de la performance et de la restitution au Bénin et au Nigéria repose sur trois points : une communauté cultuelle, linguistique et culturelle ; une diaspora ancienne commune liée à la traite esclavagiste ; une histoire coloniale marquée par la spoliation brutale de biens culturels (le sac d'Abomey par les Français en 1892, celui de Benin-City par les Anglais en 1897) ; des scènes artistiques d'une grande vitalité, nourries par les diasporas anciennes des Amériques comme par les exils plus récents. Les artistes et communautés de ces deux pays et leurs diasporas sont ici replacés au cœur du récit : comme auteurs et autrices d'histoire, performeurs et performeuses de mémoire, architectes du futur.
Ègúngún
Situé depuis les mondes yoruba, le projet « Ègúngún » adopte un point de vue sur la circulation des Hommes et des biens, sur les collections détenues en occident, les manières de laisser les « revenants » (Ègúngún) enrichir les imaginaires et pratiques de la création.
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