Deux membres du CEMTI lauréats de l'IUF

Giuseppina Sapio et Sébastien Broca font partie de la promotion 2026 de l’Institut Universitaire de France (IUF).

Sébastien Broca et Giuseppina Sapio intégreront l'Institut Universitaire de France à compter du 1ᵉʳ octobre 2026 pour une durée de cinq ans en tant que membres juniors, lauréats de la chaire fondamentale. Ils continueront de travailler à l'Université Paris 8 tout en bénéficiant d’une réduction de deux tiers de leur charge d’enseignement.


Sébastien Broca développera un projet interdisciplinaire entre sociologie, STS (science and technology studies) et sciences de l’information et de la communication, intitulé "L’impact environnemental de l’intelligence artificielle : production, circulation et usages politiques de la quantification (lien externe)". Ce projet aborde la quantification des impacts environnementaux de l’intelligence artificielle (IA) comme un enjeu scientifique et politique. Il part de l’hypothèse selon laquelle l’IA met en tension certaines formes de connaissance et d’action par les chiffres. Il vise à comprendre sous quelles conditions cette situation peut être dépassée. Il s'agira ainsi d'étudier les régimes de médiation, qui organisent la production, la circulation et les usages politiques des mesures de l’impact environnemental de l’IA, afin de répondre à des questions comme : est-il possible de s’accorder sur des conventions scientifiquement pertinentes pour mesurer la consommation énergétique ou en eau des différentes formes d’IA ? Ces chiffres sont-ils utiles et/ou nécessaires pour faire exister ces préoccupations environnementales dans l’espace public et réglementer les technologies en question ?


Giuseppina Sapio conduira un projet intitulé « Datafeminicide : produire, comparer et politiser les données sur les féminicides en Europe ». Celui-ci part d’un constat simple et pourtant déterminant : compter les féminicides ne relève pas seulement d’un enjeu statistique, mais d’un processus politique, médiatique et épistémologique qui conditionne la reconnaissance des victimes et de leur « pleurabilité », et l’action publique. En articulant études sémiotiques, data studies et épistémologies féministes, le projet propose un cadre inédit pour penser — et standardiser — la production de données sur les féminicides à l’échelle internationale. Pour cela, une enquête de terrain sera réalisée afin d’analyser et comparer les dispositifs de comptage institutionnels, militants et journalistiques en France, en Italie, aux Pays-Bas, et au Royaume-Uni, avec l’objectif de contribuer à une harmonisation des données et à la production d’un protocole européen de référence, renforçant la capacité des pouvoirs publics à prévenir et lutter contre les violences de genre.